Covid-19 : « Sans politique de soutien, il est à craindre que beaucoup de transporteurs africains disparaissent » Predictive Mobility
L’alerte est
ainsi lancée par Predictive Mobility après une étude transversale de la
situation actuelle de Covid-19 et celle qui a prévalue lors de la dernière
pandémie du virus H1N1, de janvier 2009 à août 2010.
Le
fournisseur de données et outils de développement commercial pour les
compagnies aériennes, s’est intéressé dans un premier temps à l’évolution de l’offre
durant les 20 mois précédents la crise (mai 2007 à décembre 2008), pendant la crise,
et au cours des 20 mois suivants (septembre 2010 à avril 2012). Un focus a été
mis sur l’Amérique Latine, région épicentre de la pandémie.
Là-bas,
l’offre s’est réduite durant la crise de 44% passant de 6.2 à 3.5 millions de
sièges offerts par mois en moyenne. Après la crise, l’augmentation d’offre
était de 2.36%, soit un rebond extrêmement limité et une offre inférieure de
42% à la période d’avant crise.
A l’opposé de
l’Europe, la reprise a été très limitée, suite aux nombreuses faillites de
compagnies aériennes. Ce qui fait qu’en sortie de crise, l’aviation a été un
frein à la reprise économique régionale, car les compagnies restantes n’ont pu
injecter suffisamment d’offre pour répondre à la demande, indique l’étude.
Appliqué à la
crise de Covid-19 actuelle, le message est simple : « sans politique de soutiens des compagnies aériennes Africaines, il est
à craindre que beaucoup d’entre elles disparaissent. Et les compagnies
restantes ayant des moyens limités, à l’exception notable d’Ethiopian Airlines,
la capacité perdue ne sera pas retrouvée en sortie de crise » commente
Christophe Ritter, directeur général de Predictive Mobility. « Ce qui veut dire qu’à un niveau
macroéconomique, cette offre de transport en moins se traduira directement par
une reprise économique limitée. »
Pour lui, les nations africaines devraient suivent
les recommandations de l’IATA , telles que mises en œuvre actuellement par les autorités
chinoises. Celles-ci se déclinent en une panoplie de mesures d’accompagnement dont
la garantie des dettes liées à leurs actifs (avions et pièces), des facilités
de crédit pour leur permettre de passer la crise, et la suppression des taxes
aéroportuaires et taxes sur les billets d’avion pour plusieurs mois post crise.
« La baisse des taxes permet de stimuler
la demande et de permettre aux compagnies aériennes de reconstituer leur flux
net de trésorerie. » souligne Christophe Ritter.
Selon les dernières
mises à jour de l’IATA, les pertes des compagnies aériennes africaines
devraient atteindre 6 milliards de dollars cette année, soit une baisse de 51%
par rapport au chiffre d'affaires dégagé en 2019. Deux millions d'emplois dans l'aviation et
les secteurs connexes sont actuellement en péril sur le continent, révèle l’institution.
Vue globalement,
l’étude croit tout de même à une capacité de résilience du marché aérien. Au niveau
mondial, pendant les 20 mois de crise de H1N1 , l’offre en siège a baissé de
17.3% soit 52 millions de sièges offerts en moins par mois . Néanmoins, une
fois la crise passée, l’offre globale en siège est devenue supérieure de 4.76%
par rapport à la période pre-H1N1.« On peut donc voir que globalement, la
dynamique de fond du marché aérien, qui double tous les vingt ans environ,
reste, et que non seulement il y a eu effet de rattrapage, mais qu’en un an la
croissance de l’offre a repris sa tendance de long terme. »
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