La Covid-19 démontre la nécessité de libéraliser le ciel africain ( BAD)

Avec des pertes de $15 milliards de revenus, et la disparition de 5 millions d’emplois que comptait l’industrie de l'aviation et du tourisme en 2020, la BAD préconise l’opérationnalisation rapide du MUTAA pour la relance post Covid-19.La Banque plaide aussi pour l’allègement de l’environnement opérationnel asphyxié par une kyrielle de taxes ainsi que le renflouement financier des transporteurs africains, tous invités à s’inscrire dans un processus de certification IOSA/ISSA.

En 2020, 5 millions sur 7 millions de travailleurs de l’industrie de l’aviation et du tourisme en Afrique, ont perdu leur emploi. Le secteur a également perdu 15 milliards USD de revenus, dont la moitié pour les compagnies aériennes africaines. Pour le directeur des infrastructures et du développement urbain de la Banque africaine de développement (BAD), ces pertes sont dues à la pandémie de la Covid-19, mais également aux restrictions en vigueur dans le transport aérien en Afrique.

Ce diagnostic a été fait par Amadou Oumarou jeudi 3 décembre, lors de l’atelier organisé en visioconférence par la BAD, sous le thème « Conférence sur la relance de l’aviation en Afrique : coordonner une réponse efficace aux effets de la crise de la Covid-19 sur le secteur de l’aviation en Afrique ». Fort de ce constat, l’institution financière estime qu’il est temps d’opérationnaliser rapidement  le Marché unique du transport aérien africain (MUTAA). 

« Si nous continuons à fonctionner comme une fédération de 54 États, par opposition à un marché intégré, nos économies continueront d'en pâtir », pense Solomon Quaynor, le vice-président de la BAD, chargé des infrastructures, l’industrialisation et le secteur privé.

Hadi Sirika, le ministre nigérian de l’Aviation, appelle les gouvernements africains à libéraliser totalement le secteur de l'aviation, conformément à la Déclaration de Yamoussoukro (adopté en 1999, et contraignante depuis 2002), qui préconise la libéralisation progressive des services de transport aérien intra-africains.

Lancé en janvier 2018, le MUTAA est un pilier logistique essentiel au succès de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).  À ce jour, 34 des 55 pays membres de l'Union africaine (UA) l’ont signé.

Au cours de cet atelier, qui a pris la forme de quatre sessions traitant des besoins prioritaires pour la relance post covid-19 , il a également été souligné le besoin urgent d’accompagner  les compagnies aériennes africaines par des  prêts soutenus par les  gouvernements et d'autres aides financières à court terme. Les panelistes ont, en  outre,  relevé l’impérieuse nécessité d’alléger l’environnement opérationnelle asphyxiée par une pléthore de taxes et le prix d’un carburant d’aviation toujours élevé.

 A l’endroit des transporteurs du continent, tous invités à s’engager dans un processus de certification  IOSA ou ISSA, des recommandations ont été formulées. Celles-ci comprennent le renforcement des opérations de fret, qui ont été moins durement touchées que le trafic passager et le positionnement stratégique en vue de capter les opportunités directes présentées par le besoin imminent de distribuer les vaccins COVID-19 à travers l'Afrique. 

Le Prince Fogue

Lire aussi : L’IATA, l’AFRAA et la CAFAC s’allient pour accompagner la mise aux normes des compagnies africaines


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