Tunisie : Les défis qui attendent Anouar Maârouf, nouveau ministre du Transport
Anouar Maârouf n’aura pas le
temps de savourer sa nomination de ministre d’état chargé du Transport et de la
Logistique dans le gouvernement du premier ministre,Elyes Fakhfakh.
Confirmé à son poste dans la nuit
de mercredi 26 à jeudi 27 février 2020, avec l’approbation par le Parlement
tunisien, celui qui était jusque-là ministre des Technologies de l’Information
et de l’Economie numérique (dans le gouvernement de Youssef Chahed), retrouve
plusieurs dossiers chauds sur son bureau, notamment dans le secteur des
transports aériens.
Il s’agit d’abord de la
restructuration de Tunisair. En effet, la compagnie nationale tunisienne a une
masse salarial pléthorique et budgétivore. Selon Elyes Mnakbi, son
président-directeur général, le groupe devrait supprimer 61% de son personnel,
pour rétablir son équilibre financier. Une opération délicate tant les syndicats
des travailleurs s’y opposent fermement.
Le second dossier sur la table d’Anouar
Maârouf est la signature de l’accord open sky entre la Tunisie et l’Union européenne
(UE). Initialement prévu en février, celui-ci devrait être signé au cours de ce
mois de mars 2020. Il mettra fin aux différents accords bilatéraux qui limitent
l’accès de plusieurs compagnies européennes au ciel tunisien. Il prévoit
également l’élimination des limitations de capacités et du nombre de vols pour
certains transporteurs. Il fait enfin place à la libre concurrence, et exclut
toute dérèglementation tarifaire.
Le nouveau ministre des
Transports doit également gérer les problèmes liés à l’épidémie de Coronavirus
(Covid-19). Deux jours avant sa confirmation, son prédécesseur, René Trabelsi,
affirmait qu’« Il est possible de
suspendre les vols de Tunisair vers Milan, pour parer à tout risque pour la
Tunisie ». Pays européen le plus touché par le Covid-19, l’Italie est
le deuxième épicentre mondial de l’épidémie, avec 1 694 cas (en comptant les
personnes guéries ou décédées) et 34 décès.
Agé de 51 ans, le natif de Monastir
semble tout de même avoir le profil de la mission. Ce fin connaisseur des rouages de la haute
administration est titulaire d’un doctorat en mathématiques, d’un master en télécommunications et
d’un master professionnel spécialisé dans le changement des organisations. Technocrate
éprouvé, Il a été, entre autres, président du Conseil d’administration de Dar
Assabah et directeur du pôle télécoms et medias d’Al Karama Holding.
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