17 États lancent le projet pilote de mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA)

Le 28 janvier 2018, les Etats africains ont lancé le marché unique du transport aérien africain (MUTAA), premier projet phare de l'Agenda 2063 de l'Union africaine. Mais presque cinq ans plus tard, seuls 35 pays ont souscrit à l'engagement solennel de mise en œuvre inconditionnelle et 21 ont signé son mémorandum d’implémentation. A l’occasion du 23e anniversaire de la Décision de Yamoussoukro (DY), 17 nations du continent viennent de réaliser une avancée historique.


Le Marché unique du transport aérien africain  (MUTAA) peut enfin entrer en vigueur, du moins partiellement. En effet, 17 États du continent (Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Cameroun,  Éthiopie, Gabon, Ghana, Kenya, Maroc, Mozambique, Namibie, Nigéria, Niger, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud, Togo et Zambie), à travers leurs ministres des Transports et de l'Aviation, se sont réunis ce lundi 14 novembre 2022, à Dakar au Sénégal, pour lancer le projet pilote de mise en œuvre (PIP) du MUTAA, annonce la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC).  

Le projet a été lancé par le ministre des Chemins de fer, de la Route et de l'Aviation du Togo Affoh Atcha-Dedji, dont le pays est la référence continentale en matière de mise en œuvre du MUTAA. Mais aussi le ministre de l'Aviation et des Infrastructures aéroportuaires du Sénégal, Doudou Ka, en tant que représentant du pays hôte de l’événement. Tous les pays à l’origine de cette initiative ont des transporteurs nationaux éligibles pour bénéficier des retombées du SAATM. 

Selon une étude continentale, citée par la CAFAC, la mise en œuvre du MUTAA génèrera 4,2 milliards de dollars de PIB supplémentaire global aux pays africains, 596 000 nouveaux emplois, et entraînera une réduction de 27% des tarifs des billets d’avions, et contribuera à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Pour ce faire, la Commission s’engage à collaborer avec toutes les parties prenantes pour parvenir à ladite mise en œuvre. « À cette fin, la CAFAC générera plus de publicité avec une visibilité accrue pour sensibiliser davantage les parties prenantes aux activités du  MUTAA, et une section dédiée du site Web de la CAFAC mettra en lumière les États du MUTAA, et célébrera leurs efforts tout en encourageant les nouveaux États à adhérer au MUTAA » promet-elle.

« L'événement (de Dakar, ndlr) a également permis un engagement accru des États membres pour la mise en œuvre intégrale de la Déclaration de Yamoussoukro (DY) et du MUTAA, afin de contribuer à l'Agenda 2063 de l'Union africaine (UA) », affirme la CAFAC. La DY est entrée en vigueur en juillet 2000, suite à son approbation par les chefs d'Etat et de gouvernements africains à Lomé, au Togo.

« L'objectif principal des dirigeants de l'UA était d'améliorer la connectivité et l'intégration du continent, par la libéralisation des services de transport aérien réguliers et non réguliers en Afrique, et la suppression de toutes les restrictions sur les droits de trafic, la capacité et la fréquence entre les paires de villes, pour toutes les compagnies aériennes africaines », rappelle la CAFAC. Mais 23 ans plus tard, cette libéralisation n’est toujours pas effective. Espérons que le MUTAA fasse enfin bouger les lignes.   

Le Prince Fogue

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