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vendredi 22 février 2019

« Depuis la dernière décennie, nous n’avons enregistré aucun acte terroriste qui mérite d’être cité » Simon KABORE, Secrétaire exécutif de l’Union des Gestionnaires d’Aéroports de l’Afrique du Centre et de l’Ouest (UGAACO)

(Ouagadougou,31/07/2018,NewsAero)-La capitale Ouagadougou a accueilli du 28 au 29 juin 2018, la 12e Assemblée de l’Union des Gestionnaires d’Aéroports de l’Afrique du Centre et de l’Ouest (UGAACO). Placée sous le thème : « infrastructures aéroportuaires et sécurité : défis et perspectives », cette rencontre a servi de cadre de réflexion pour débattre de la stratégie collective des aéroports pour les prochaines années.

En marge de ces assisses, NewsAero a rencontré Mr Simon KABORE, Secrétaire Exécutif de l’UGAACO. Romuald Ngueyap fait le point.

Comment appréciez-vous l’état des infrastructures dans les aéroports membres de l’UGAACO ?

Au titre des infrastructures des aéroports membres de l’UGAACO nous enregistrons de nouveaux projets à l’image du nouvel aéroport de Dakar, de Nouakchott, de Lomé, d’Abidjan, de Brazzaville, de Malabo, de Bamako… Bien d’autres intentions se dessinent par ailleurs au Burkina, au Bénin et aux dernières nouvelles au Gabon.

d’ici les vingt prochaines années, le trafic aérien africain connaitra un essor extraordinaire. Nous devons alors anticiper

En effet, d’ici les vingt prochaines années, le trafic aérien africain connaitra un essor extraordinaire. Nous devons alors anticiper sur le renouvellement de capacité, la modernisation et la mise aux normes des installations. Il y’a effectivement des challenges à relever.

Pour l’heure, nos aéroports étant ouverts à la circulation aérienne publique, nous concevons qu’ils remplissent les obligations requises en termes notamment de sécurité et de suretéDu reste, les infrastructures sont régulièrement passées au peigne fin par les inspections des Agences d’Aviation Civile de nos Etats et à l’occasion des audits de supervision réalisés par l’OACI.

l’ensemble de nos plateformes sont impliquées dans le processus de certification des aéroports.

Il parait opportun de rappeler que l’ensemble de nos plateformes sont impliquées dans le processus de certification des aéroports. Les uns ont déjà reçu leurs certificats et les autres sont en plein processus.

Aujourd’hui la menace terroriste se fait de plus en plus pressante et les aéroports apparaissent comme des cibles privilégiées. Qu'est-ce qui est fait pour se prémunir de cette menace ?

Loin d’être une exclusivité africaine comme il est laissé à croire, le terroriste est un fléau mondial.  Nos aéroports comme ceux des pays développés n’en sont pas épargnés. L’exemple des attentats survenus aux États-Unis le 11 septembre 2001 illustre à souhait mon propos.

 Pour revenir aux aéroports membres de l’UGAACO, nous mettons en place d’énormes moyens humains, matériels et règlementaires, pour contenir les actes d’interventions illicites. Les agents de sûreté sont formés et les autres intervenants sur la plate-forme régulièrement sensibilisés.

depuis la dernière décennie, nous n’avons enregistré aucun acte terroriste qui mérite d’être cité

C’est le lieu de saluer les efforts de la section AVSEC du bureau Régional de l’OACI de Dakar en général et en particulier M. Alassane DOLO, qui accompagne régulièrement nos Etats aussi bien dans le processus d’élaboration des textes règlementaires que dans la formation du personnel AVSEC.

En ce qui concerne nos aéroports, nous avons mis en place un réseau de collaboration pour le partage de certaines informations susceptibles de cerner la menace. Il s’agit d’ailleurs d’une préoccupation de l’aviation civile internationale.

Nous pouvons nous féliciter de ce que ces dispositifs portent des fruits. Pour preuve, depuis la dernière décennie, nous n’avons enregistré aucun acte terroriste qui mérite d’être cité. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de velléités !

On déplore souvent le fait que les aéroports africains ne sont pas suffisamment à la pointe de technologie. N’est-ce finalement pas du fait qu’ils sont gérés par des structures étatiques ne disposant pas assez de moyens financiers ?

Du temps où les Etats géraient leurs aéroports, les ressources ainsi générées étaient mises à contribution pour former le personnel aéronautique, entretenir les aérodromes de l’intérieur, financer les activités aéronautiques nationales comprenant les structures de l’État à vocation aéronautique et de temps à autre les compagnies aériennes nationales qui s’acquittaient difficilement des redevances et taxes… Nous convenons sur cette base qu’il était difficile de financer certains investissements lourds qui se rapportent aux ouvrages aéroportuaires.

Il faut penser un régime d'exploitation plus souple et de plus faible inertie.

De nos jours, la structure initiale d'aéroport géré par l'État n'est plus adaptée à une exploitation qui se veut optimale. Il faut penser un régime d'exploitation plus souple et de plus faible inertie.  La fonction de gestionnaire d’aéroport est un métier à part entière. Les structures privées gestionnaires d’aéroports, de par leur organisation disposent de moyens plus adaptés que l'État pour exploiter l'aéroport au moindre coût.

Il faut relever enfin que nos aéroports constituent des plateformes à faible trafic dont la majorité se situe entre 400 000 et 1 000 000 de passagers…

 En cela, l’UGAACO, reconnaissant la faiblesse de ressources des dits aéroports, met en place des mécanismes fondés sur la mutualisation de certaines activités telles que la formation, certains achats groupés d’équipements spécifiques.

Et la privatisation comme solution ?

La privatisation s’avère une nécessité en ce que l’état ne peut être juge et parti. Nos États ont pour rôle de réguler, de superviser les activités des aéroports.

De par le monde, l’on enregistre plusieurs régimes juridiques d’exploitation des aérodromes. En plus de la privatisation comme moyen de gérer efficacement nos aéroports, il existe bien de régimes juridiques possibles dévolus en termes de concession.

les aéroports sous régime privé, fonctionnent bien mieux que ceux gérés directement par les pouvoirs publics

L'exploitation peut être effectuée en régie directe pour les très petits aérodromes (tendance à la disparition), ou confiée à un organisme par une concession (régime le plus répandu qui s’adapte convenablement à une large gamme d’aéroports).

Il y’a aussi la possibilité de confier la gestion à un organisme par une autorisation d'occupation temporaire en attente de la création d’une concession ou encore la formule de l’établissement public.

Il est admis que les aéroports sous régime privé, fonctionnent bien mieux que ceux gérés directement par les pouvoirs publics. L’aéroport est une entreprise prestataire de services qui travaille en temps réel, à travers des contacts rapides et fréquents avec ses clients et qui recherche l'exploitation la plus efficace, au moindre coût.

Revenu aux activités de l’UGAACO, est-ce qu’on a eu de nouveaux membres au cours de votre dernière Assemblée Générale ?

Lors de notre dernière Assemblée Générale, nous avons enregistré deux (02) adhérents.  Notre Union compte des membres titulaires et des membres associés. Les membres titulaires sont constitués de Gestionnaires d’aéroports et les membres associés sont ceux impliqués dans les activités aéroportuaires.  

À notre 12ème Assemblée tenue au Burkina, nous avons enregistré l’adhésion de deux membres associés.

[caption id=attachment_6605 align=alignleft width=382] photo de famille à la 12 ème AG de Ouaga. Le ministre au centre entouré du S.E, du Président sortant et du Pdt entrant.[/caption]

Où se tiendra la 13e Assemblée Générale ?

En 2019, c’est la Délégation aux Activités Aéronautiques Nationales du Mali (DAAN-Mali) qui abritera la 13e Assemblée Générale de l’UGAACO à Bamako, en fin juin début juillet.

Quelles relations l’UGAACO entretient-elle avec les autres entités de l’aviation civile sur le continent à l’instar de ACI Afrique, la CAFAC ?

Les relations sont excellentes. Pour preuve, l’UGAACO et l’ACI - Afrique entretiennent une parfaite collaboration. Il en est de même avec l’ASECNA, l’OACI, la CAFAC...

nous travaillons ensemble à promouvoir l’activité aéroportuaire, dans le respect des normes et standards internationaux.

À notre 12ème Assemblée Générale, nous avons enregistré la participation de M. Ali TOUNSI, le Secrétaire général de l’ACI Afrique. Nous avons eu de fructueuses rencontres avec l’OACI et la CAFAC pour traiter de la nécessité de prendre en compte les besoins régionaux des aéroports dans notre programme d’activités.

 Avec toutes ces entités, nous travaillons ensemble à promouvoir l’activité aéroportuaire, dans le respect des normes et standards internationaux.

 À quand l’inauguration officielle du siège de l’UGAACO à Dakar ?

Je profite de l’opportunité que vous offrez à l’UGAACO, pour remercier les autorités sénégalaises à travers M. Maël DIOP, Directeur Général des Aéroports du Sénégal (ADS) qui a œuvré à la construction de notre siège, situé à proximité de l’aéroport de Dakar Yoff.

Ce siège est fonctionnel, parfaitement équipé. Nous envisageons l’inauguration officielle au cours des prochains mois et certainement avant la fin de l’année 2018

Quelles sont les difficultés auxquelles fait face votre institution dans sa gestion quotidienne ?

 Les ressources financières et le capital humain demeurent les principaux challenges. Il est vrai, notre union a connu ses prémices il y a une vingtaine d’années, mais fondamentalement nous avons démarré nos activités il y a seulement une dizaine d’années.

 Les ressources financières et le capital humain demeurent les principaux challenges

L’accord de Siège avec l’État du Sénégal a été obtenu l’an dernier. Ce qui nous permet de nous installer à Dakar pour y mener nos activités. L’un des principaux rôles du Secrétaire Exécutif consiste pour l’heure à assoir progressivement les bases de l’Union depuis ce nouveau siège et à promouvoir ses activités de par le monde.

Un an à la tête du Secrétariat exécutif de l’UGAACO. Quels sont vos principaux chantiers ?

  Nous travaillons à consolider les bases de l’Union, à ramener de nouveaux adhérents, à promouvoir l’activité aéroportuaire, dans l’intérêt de chacun de nos membres. Ce dont nous sommes certains, c’est que l’on ne peut mobiliser une structure, que sur la base de ses intérêts.

Nous nous attelons également à améliorer notre visibilité dans le milieu de l’aviation où nous sommes très peu connus.À ce titre, nous travaillerons avec les entités comme la vôtre pour parfaire notre communication.

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