CONTROLEUR AERIEN : LE TRAVAIL DE NUIT et RISQUES SUR LA SANTE

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CONTROLEUR AERIEN : LE TRAVAIL DE NUIT et RISQUES SUR LA SANTE

Chères lectrices, Chers lecteurs,

LE CODE DU TRAVAIL défini le travail de nuit comme « tout travail ayant lieu entre 21 h et 6 h. » et le travailleur de nuit comme tout « salarié qui effectue habituellement au moins trois heures de travail quotidien pendant ces périodes, au moins deux fois par semaine, ou encore qui accomplit un nombre minimal d’heu­res de travail de nuit pendant une période de référence ».

De par cette définition, le contrôleur aérien évoluant en service de quart est donc considéré comme un travailleur de nuit. Aujourd’hui l’état de santé du travailleur de nuit fait l’objet d’une attention très particulière par le Code du travail.

B.BENMOUHOUB, 1er contrôleur algérien affirme dans son livre à succès UN AIGUILLEUR DU CIEL PARLE DE SON METIER « sur un effectif de soixante-dix contrôleurs en­viron que j’ai longuement côtoyé, neuf sont décédés avant d’at­teindre l’age légal de la retraite, soit soixante ans. Parmi eux figurait un instructeur comme moi …Que faut-il y voir dans ce macabre décompte? Une simple coïncidence ? Ou plutôt le résul­tat de tant d’annéesde contraintes ? »

Plusieurs recherches ont montré les effets pervers du travail de nuit sur la santé notamment des désordres gastro-intestinaux, des troubles psychologiques ( fatigue , perte de sommeil… ) , des addictions aux stimulants ( café , tabac , alcool, drogues… ) , des recours aux somnifères , des maladies cardio-vasculaires et des cancers ; des troubles sociaux-familiaux( impos­sibilité de faire du sport , de participer aux activités familiaux).

Quelques études s’étaient déjà penchées sur la question par le passé : une équipe suédoise avait montré en 2011 que le travail de nuit doublait le risque de sclérose en plaques chez les jeunes travailleurs tandis qu’une étude française publiée en 2012 faisait état d’un risque accru de cancer du sein d’environ 30 % chez les femmes travaillant de nuit. Depuis 2007, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère le tra­vail de nuit comme un cancérigène probable

D’après LE CODE DU TRAVAIL « Tout salarié de nuit qui connaît des problèmes de santé du fait de cette activité peut être affecté temporairement ou définitivement – dans un quart de jour – sur préconisation du médecin du travail. Le changement d’affectation n’entraîne aucune diminution de la rémunération. »

Citant une étude de 1978, Eugene R. Freedman conseiller de la NATCA (National Air Traffic Controller Association), s’ex­primant devant une commission du SENAT américain en 2015 rappelait que la prévalence d’hypertension est trois fois plus élevé chez des contrôleurs aériens américains que la moyenne natio­nale.

Conscients de l’impact nuisible du travail de nuit, les ANSPs sur le continent y vont de leurs solutions propres : Couverture socia­le en pays ASECNA, compensations financières au Nigeria, réorganisation des brigades en Tunisie. Quoique différemment appréciables, voilà quelques mesures prises pour atténuer les conséquences fâcheuses sur la santé des contrôleurs aériens: Mais toujours est-il que des prérequis basiques s’imposent en amont.

.Les résultats de (Robertston et stone, 2002) reconnaissent en effet les bénéfices récupérateurs des moments de repos sur les performances et la vigilance des contrôleurs aériens pendant les longues périodes de travail la nuit. Mais encore faudrait-il que les salles de repos existent et soient viables.

S’il est vrai que le maintien du certificat médical de classe 3 tel requit par l’OACI passe par une surveillance médicale renforcée , il est aussi important de rappeler aux ANSPs sur le continent que l’aménagement d’un cadre de vie convivial et des salles de repos dans les centres de contrôle doit se faire pressement car ce sont des compensateurs et atténuateurs de premier degré.

On parle ici d’un métier sensible et délicat de par la responsabilité qu’elle engage et extrêmement énergivore du fait des capacités cognitives et mnémoniques qu’il requiert.

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