Vers un rebranding...Air Madagascar devrait céder la place à Madagascar Airlines

Le 13 octobre dernier, le gouvernement malgache, réuni en Conseil des ministres,  approuvait  la demande d’Air Madagascar requérant une mise sous protection de la loi sur les faillites. Ce mécanisme, équivalent du chapitre 11 américain,  vise ainsi à protéger la compagnie contre ses créanciers et une éventuelle mise en faillite pendant qu'elle cherchera à se restructurer.


L’information a été abondamment relayée par la presse locale ces derniers jours. Air Madagascar et sa filiale Tsaradia devraient fusionner pour devenir Madagascar Airlines.Une fois effectif, il s’agira du troisième nom de l'histoire de la compagnie qui lors de sa création en 1961 s'appelait Madair avant de devenir Air Madagascar, en 1962. 

Ce changement de nomination serait l’un des points saillants du démarrage du redressement judiciaire du pavillon  national dont le   gouvernement a approuvé, le 13 octobre,   sa demande  requérant « une procédure collective d'apurement de passif ». 

Selon  2424.mg,  les plans du  «nouveau fleuron ». se définissent autour de la location d'un Boeing 787 pour assurer dès le 6 novembre prochain une liaison vers la France avec deux rotations hebdomadaires initialement. Toujours dans les perspectives envisagées de la compagnie sur le plan international, un Airbus A340 (loué à Air France) en cours d'immatriculation assurera la liaison vers la Chine, précise 2424.mg. Sur le plan régional, c'est un Embraer 1000 pris en locatiion qui sera déployé, à partir du 23 novembre,  vers Maurice et La Réunion.  Le marché domestique restera, quant  à lui,  couvert par sa flotte ATR.

Le défi de l’apurement de la dette 

A ce jour, les pertes cumulées d'Air Madagascar avoisinent les 80 millions de dollars pour une dette totale de 72 millions de dollars. Le gouvernement malgache indique que « la majorité de ces dettes date de la co-gestion de la compagnie Air Madagascar avec Air Austral », évoquant notamment « la location d'avions ATR à un prix exorbitant, qui représente le double du prix normal, auprès de la compagnie Air Austral ».

Ce doigt accusateur et vindicatif pointé sur le transporteur réunionnais contraste pourtant avec la position de celui-ci, qui, au terme de la rupture de la collaboration, affirmait avoir laissé une compagnie « réorganisée, au produit modernisé et aux capacités de vol rétablies », laquelle « peut désormais, grâce à des financements nouveaux, se projeter à l'international et capitaliser sur un réseau domestique maillé et plus performant ». Pour rappel, fin 2017, Air Madagascar signait un partenariat stratégique avec Air Austral autour d’un ambitieux plan de développement.En fin juillet 2020, les deux parties ont brusquement interrompu ce mariage et  depuis lors, l'Etat a peiné à reprendre en main le destin de son fleuron national.

Evidemment, l'Etat ne se dédouane pas totalement du bilan d'Air Madagascar et reconnaît d'ailleurs en tout point les conclusions de l'audit confié au cabinet BearingPoint. En effet, cet audit a fait étalage de faits de corruption, de mauvaise gestion, de gabegie financière et d'absence de contrôle rigoureux pendant plusieurs années. « Les charges fixes ont également continué d'augmenter, notamment le nombre d'employés qui dépasse largement les besoins réels de l'entreprise », reconnaît le gouvernement. 

Pendant la phase de restructuration qui sera assortie d’une compression massive des effectifs,  l'Etat malgache (actionnaire unique) promet de remettre sur la table des négociations tous les contrats. Mais surtout sortir du redressement avec une compagnie aérienne assainie qui « place l'excellence dans ses opérations, assure la fiabilité, la régularité ainsi que la ponctualité dans ses offres ». 



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