TAAG Angola Airlines : Luanda destitue le conseil d’administration et limoge le PDG, étape clé vers la privatisation

Depuis 2018, l’Etat angolais s’est engagé à se désinvestir de plusieurs compagnies publiques et parapubliques, pour la plupart déficitaires et endettées. L'objectif étant de limiter l'ingérence de l'Etat dans l'économie au strict nécessaire, et surtout d'offrir des conditions concurrentielles aux entreprises qui ont le plus d'impact sur l'économie nationale.

L'ensemble du conseil d'administration de TAAG Angola Airlines y compris le directeur général a été limogé par décret présidentiel le mercredi 20 octobre. La démarche se veut conforme au plan du gouvernement angolais visant à restructurer et privatiser la compagnie aérienne, indique le décret du président de la République João Lourenço.

Les personnes licenciées comprennent le président du conseil d'administration, Helder da Silva Gonçalves de Moura e Preza ; le PDG Rui Carreira; et onze membres du conseil d'administration. Selon la télévision nationale Rádio Nacional de Angola (RNA), Carreira s'est toutefois vu confier un poste d'administrateur non exécutif au sein du nouveau conseil d'administration de la compagnie aérienne. 

Dans la foulée, Ana Francisco da Silva Major a été nommée nouvelle présidente du conseil d'administration. Les autres nouveaux directeurs exécutifs sont  Custody Gabriela Bastos, Adelaide Isabel de Sousa, Steve Taverney Azevedo et Lisa Mota Pinto. 

Pendant ce temps, la presse locale rapporte que l'ancien PDG de Viva Air Perú ( compagnie low-cost péruvienne) Eduardo Fairen Soria, remplacera Carreira en tant que PDG. Selon son profil LinkedIn, le prétendu a auparavant été directeur des opérations chez Camair-Co ( septembre 2010 - mars 2014),  responsable des opérations et de la formation chez Air Arabia Maroc ( août 2009- janvier 2010), et directeur des opérations aériennes et co-fondateur de la compagnie aérienne espagnole à bas prix Vueling Airlines (février 2004 - juillet 2009). Une réunion du conseil d’administration est prévue d’ici la semaine prochaine.

Environ 170 entreprises publiques angolaises sont concernées par le processus de de privatisation. En août  2020, le secrétaire d'Etat au Trésor, Osvaldo Victorino João, indiquait que 14 compagnies nationales avaient été privatisées en 2019. Une opération qui a rapporté 31 milliards de kwanzas (52 millions de dollars) au gouvernement.

Le processus, entamé il y a deux ans, suit ainsi  son cours. En septembre 2018, le président angolais João Lourenço avait adopté un décret transformant la compagnie aérienne en société anonyme. Ce changement de statut juridique était indispensable à l'ouverture de l'actionnariat du transporteur aux privés. Selon la première mouture du plan de privatisation, le gouvernement devrait procéder à une vente d'actions à « une ou plusieurs compagnies aériennes étrangères », en tant que « partenaire technique », en plafonnant sa participation à 51% et 10% pour les travailleurs.Qatar Airways aurait montré son intérêt, rapportent les sources proches du dossier. 

En juillet 2020,  un autre décret a été signé réduisant le capital du transporteur de 700 milliards de kwanzas (1,2 milliard de dollars) à 127 milliards de kwanzas (227 millions de dollars). Il faut dire que ces dernières années, TAAG Angola ne s'est pas fait aider par la santé de l'économie nationale, fortement dépendante des revenus pétroliers. La chute des cours du pétrole et la dévaluation de la monnaie locale ont sévèrement affecté ses résultats financiers. 

Depuis le départ brusque d'Emirates en 2017, avec qui elle était liée par un accord de gestion, les finances de TAAG Angola ont replongé. En 2018, le transporteur endetté a enregistré une perte de 260 millions de dollars contre 175 millions de dollars en 2015 et 5 millions de dollars en 2016. La trésorerie s’est davantage effriter l’an dernier principalement en raison de la pandémie, les pertes étant estimées à près de 280 millions de dollars.

Maissa Fall

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