EgyptAir : premier A321neo en mars 2022, joint-venture en vue avec Sudan Airways

En dépit de la crise sanitaire, EgyptAir garde le cap sur son plan d’affaires. Le transporteur va poursuivre le programme de développement de sa flotte, a affirmé le PDG du groupe, Roshdy Zakaria, lundi 22 mars en marge de l’Arab Aviation Summit ( 8e édition)  qui s’est tenu à Ras Al Khaimah, aux Emirats Arabes Unis.  


A en croire le patron d'EgyptAir Holding, la compagnie prendra livraison de son premier Airbus A321neo à partir de mars 2022. Son carnet de commandes conclu avec AerCap comprend 7 appareils du type. Chez le loueur irlandais, EgyptAir dispose également d’une commande de deux Boeing 787-9 Dreamliner supplémentaires, qui s'ajouteront aux 6 unités déjà en service. Le contrat de location-exploitation à long terme signé le 18 novembre 2019, lors du Dubaï Airshow, prévoit la livraison du premier appareil cette année et du second en 2022. 

Notons que depuis mars 2019, le pavillon égyptien a réceptionné 26 nouveaux avions, dont 12 A220-300, 8 A320neo et 6 Boeing 787-9. L’objectif final de toutes ces acquisitions est le renouvellement de 50% de la flotte du groupe, et/ou le franchissement de la barre de 100 avions d'ici 2027. Il est également question de passer la moyenne d’âge de la flotte de la compagnie à moins de 5 ans. Celle-ci compte actuellement 70 appareils, d'une moyenne d'âge de 7,1 ans.

Mais pour soutenir cette grande ambition, le groupe doit stabiliser sa trésorerie durement affectée par la crise sanitaire. Roshdy Zakaria a révélé que la compagnie sollicitait un nouveau soutien étatique de 5 à 7 milliards EGP (317 millions à 444 millions USD) pour payer les salaires, les prêts en cours et les frais de location d'avions. Et ce après avoir reçu un financement de 5 milliards EGP l’an dernier. « Sans cette aide, il serait difficile de passer à autre chose», a-t-il  souligné, rappelant que la compagnie perd actuellement 500 millions d'EGP ( 32 millions USD) par mois alors que son trafic reste plafonné à la moitié de ses niveaux d’avant-pandémie. 

Vers une coentreprise avec Sudan Airways

EgyptAir – choisie comme partenaire stratégique pour la relance du transporteur national du Ghana –  veut davantage étendre ses ailes sur le continent.  «Se répandre en Afrique, c'est notre objectif principal», a déclaré Roshdy Zakaria. Pour se faire, la compagnie entend multiplier les collaborations avec d’autres transporteurs.

Le patron du groupe a d’ailleurs révélé que des pourparlers ont été initiés avec Sudan Airways en vue d’une coentreprise. Pour le moment, les discussions sont encore  à un stade embryonnaire. 

Le transporteur national soudanais, crée en 1946, est aujourd’hui l’ombre de lui-même. Sa flotte active ne dispose plus que d’un seul appareil opérationnel, un Airbus A320 A320-200 (ST-MKW) de 14 ans qui relie Khartoum à Port-Soudan sur le plan domestique, Juba au Soudan du Sud, et Le Caire en Egypte.  A côté de la mauvaise gestion, Sudan Airways a, en effet, subi les effets de l’embargo économique imposé au Soudan par les Etats-Unis en 1997.Depuis lors, le transporteur est incapable d'accéder aux aéronefs et aux pièces de rechange. Vieille de 25 ans, le reste de sa flotte (un A320-200, un A300-600, un Boeing 737-300 et deux Fokker F50) reste cloué au sol, faute de maintenance. L’an dernier, le gouvernement soudanais a initié des négociations avec Airbus et Boeing en vue de redynamiser la flotte de la compagnie. 

Romuald Ngueyap

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