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mercredi 25 novembre 2020

Wassef Ayadi, le nouveau PDG de Tunisair, prend les commandes dans un ciel nuageux

Wassef Ayadi est le nouveau PDG de Tunisair en remplacement de Elyes Mnakbi éjecté en juillet dernier. L’ancien de Lufthansa hérite d’une compagnie déficitaire et endettée, qui évolue actuellement à 30% de ses capacités. Un plan de restructuration de 400 millions EUR assorti d’une compression massive des effectifs est toujours sur la table.

Le ministère tunisien du Transport et de la Logistique a annoncé vendredi 23 octobre, la nomination de Wassef Ayadi au poste de président directeur général de Tunisair. Il remplace Elyes Mnakbi ( 2017-2020) qui avait été demis de ses fonctions en juillet dernier sur fond de conflit ouvert avec sa tutelle.

Diplômé de Imperial College London et de l’université de Stuttgart ( Allemagne) , Wassef Ayadi cumule une riche expérience de près de 17 ans dans l’industrie de l’aéronautique.  Docteur en mécanique et commande de vol, il est par ailleurs détenteur d’un MBA  de l’université de  Durham ( Angleterre). 

Après un passage de 4 ans chez Airbus Helicopters ( 2003-2006), il a déposé ses valises chez le géant allemand Lufthansa où il a fait l’essentiel de sa carrière. Ici, il a successivement été chef de projet et directeur de la comptabilité pour la région Moyen Orient et Afrique chez Lufthansa Systems ; directeur du développement informatique des opérations de vol chez Lufthansa puis chef du développement des affaires chez Lufthansa technik.

Avant sa nomination à la tête de Tunisair, il était CEO de IDAIR GmbH, une co-entreprise entre Lufthansa Technik AG et Panasonic Avionics Corporation fournissant les systèmes de divertissement en vol(IFE), des communications et autres appareils techniques.

L’héritier d’une compagnie déficitaire et endettée

Wassef Ayadi  va prendre les rênes d’une compagnie aerienne  en pleine zone de turbulence, elle qui évolue au rythme des tensions sociales et financières depuis le printemps arabe de 2011. Le fleuron national tunisien n’arrive toujours pas à trouver l’équilibre financier et la crise sanitaire du Covid-19 est venue assenée un autre coup dur au transporteur.

Malgré ses 3,8 millions de passagers transportés et son chiffre d’affaires de 460 millions d’euros réalisé en 2018, la compagnie à la gazelle rouge demeure déficitaire. Tunisair a enregistré une baisse de  64% de son chiffre d’affaires au cours du premier semestre ( pic de la pandémie). Celui s’est établi à 88.4 millions d’euros en raison d’une chute vertigineuse de 65% du trafic passager qui a totalisé 580321 passagers de janvier à juin. A la mi-2020, l’endettement de la compagnie s’élevait à 302 millions d’euros. Depuis septembre, Tunisair tourne à 30% de sa capacité opérationnelle.

La mission première de Wassef Ayadi  sera surtout de rassurer l’Etat actionnaire (74,42%) qui est désormais réticent à injecter des fonds supplémentaires. Les liquidités de Tunisair au 30 juin s’élevaient à 34 millions d’euros. En absence, d’une trésorerie conséquente, la compagnie évolue avec une flotte limitée, ce qui déteint sur la qualité des services notamment la ponctualité des vols. Bien avant la crise sanitaire, 15 des 28 avions de la compagnie était cloués au sol faute de maintenance.

Vers une réactivation du plan de relance

Maintenant que la stabilité managériale est revenue, on s’attend à ce que le nouveau Top management relance le plan de restructuration, qui avait été élaboré  l’an dernier, en vue de redresser la compagnie aérienne. Les contours règlementaires sont actuellement en préparation dans un projet de loi.

Ce plan de relance prévoit une recapitalisation de près de 400 millions d’euros assortie d’une compression importante des effectifs.

En janvier , l’ancien directeur général annonçait un plan de licenciement de 61% du personnel de la compagnie, l’objectif étant de retrouver les mêmes proportions d’avant 2011. Au 31 décembre 2019, Tunisair (hors filiales) employait 3708 travailleurs pour une flotte de 28 avions. Le sureffectif actuel s’explique en grande partie par le recrutement, pour des raisons de paix sociale au lendemain de la révolution, d’un millier de travailleurs pour la plupart des bagagistes.

Conformément à ce plan, Tunisair envisage également de rajeunir sa flotte dont la moyenne d’âge avoisine 18 ans. Des négociations ont été initiées, pour le report des livraisons, crise oblige, avec le loueur irlandais SMBC Aviation Capital avec lequel elle avait conclu en décembre un contrat de « sale and leaseback » pour cinq Airbus A320neo, dont trois devaient initialement arriver en 2021 et les deux autres en 2022.

Mais en attendant, Wassef Ayadi  devra travailler à limiter la saignée financière. Le 21 octobre,  la Commission européenne a interdit aux pays membres l’arrivée de voyageurs en provenance de Tunisie. Un énorme préjudice pour Tunisair  fortement dépendante du flux des touristes de l’Europe et  qui draine 45% de son trafic sur les liaisons aériennes avec la France.

 Romuald Ngueyap

Lire aussi :Sans PDG en pleine crise sanitaire, Tunisair vit des jours troublés

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