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jeudi 21 novembre 2019

Air Burkina : Le gouvernement envisage une seconde privatisation pour accélérer sa relance

Lancée en 1967, Air Burkina est considérée comme la plus ancienne des compagnies aériennes encore en activité en Afrique de l’Ouest et Centrale. Après 52 ans d’exploitation sans discontinuité, la vie du transporteur national du Burkina Faso a été marquée par une première privatisation de 16ans. Toutefois, elle n’a jamais pu être assez compétitive et rentable malgré les perfusions financières dont elle a bénéficié. A la faveur d’un nouveau plan de relance initié depuis 2017, le gouvernement envisage désormais une seconde privatisation en vue d’une rapide expansion de ses activités.

Air Burkina a été partiellement privatisée en 2001, lorsque le groupe Aga Khan est devenu actionnaire aux côtés du gouvernement du Burkina Faso. Après une aventure de 16 ans, le fond ismaélite s’est finalement retiré en mai 2017 en cédant ses parts (51%) à l’Etat Burkina pour un franc symbolique. Le motif évoqué étant « un choix stratégique et volontaire du groupe,  qui voulait réorienter ses activités vers  d’autres secteurs ».  Par le passé, le groupe Aga Khan s’était déjà retiré des compagnies Air Côte d’Ivoire, Air Ouganda et Air Mali, deux dernières qui avaient finalement mis la clé sous le paillasson.

A son départ en 2017, la santé financière d’Air Burkina n’était pas très reluisante. Les pertes annuelles s’établissent autour de 3 milliards de FCFA. La compagnie ne disposait que deux avions, des Embraer 170, pour maintenir ses opérations sur son réseau régional qui compte 7 destinations : Abidjan, Accra, Bamako, Cotonou, Dakar, Lomé et Niamey.

Afin de redresser la compagnie budgétivore, le gouvernement, désormais actionnaire à 100%, a initié un plan de de relance qui prévoit l’acquisition de nouveaux appareils et la recherche de nouveau d’investisseurs.

Vers une seconde privatisation…

Le Burkina Faso, avec ses plus de 19 millions d’habitants, est un pays enclavé sans façade maritime. Le gouvernement considère, à ce titre, la compagnie nationale, comme un outil de développement économique essentiel.

Pour la maintenir à flot et soutenir son plan de relance, l’Etat envisage de privatiser de nouveau. « Des études sont en cours », a déclaré Youssouf Zongo, directeur du contrôle de la gestion et de l'audit interne chez Air Burkina.  La compagnie aérienne sera privatisée une fois l'analyse terminée. « Il n'y a pas de date limite, mais l'objectif est là » a-t-il précisé.

L’option actuellement sur la table est l’ouverture du capital (691 millions de FCFA) au secteur privé et à l’actionnariat populaire. En juin dernier, un mémorandum d’entente a été signé entre Air Burkina et le cabinet de consulting américain, African Global Development, pour étudier toutes ces possibilités.

In fine, Air Burkina veut être plus compétitive afin de tirer profit de la libéralisation en cours du ciel africain. Le fleuron de l’aviation burkinabè se projette également dans la perspective de la mise en service du futur aéroport international de Donsin dont l’ouverture est prévue d’ici trois à quatre ans.

Les signes de relance…

Avec le retrait de son partenaire historique, l’Etat burkinabè s’est tourné vers le cabinet McKinsey pour le déploiement d’un plan stratégique.

Dans le cadre de ce plan, Air Burkina a pris livraison, entre novembre 2018 et janvier 2019, deux Embraer E195 et un Embraer E175. Les avions ont été acquis en leasing auprès de la firme danoise Nordic Aviation Capital.

Ce renforcement de la flotte qui n’est qu’à ses débuts « marque un tournant très fort dans la vie d’Air Burkina car il permettra de stabiliser la compagnie » affirme le directeur général, Blaise Sanou.  

La compagnie espère acheter l’Embraer E170, propriété du groupe Fonds Aga Khan. Elle envisage par ailleurs porter la flotte à six appareils d’ici 2023. Des discussions, en ce sens, ont été ouvertes avec plusieurs constructeurs dont Bombardier.

Avec moins de 160 000 passagers par an, Air Burkina veut s’ouvrir sur de nouvelles niches de marché. En janvier dernier, elle a lancé des vols à destination de Bobo Dioulasso, la capitale économique du pays. Le transporteur prévoit également de s’étendre dans la région et vers l’Afrique Centrale, avec dans le viseur, Abuja (Nigeria), Conakry (Guinée), Libreville (Gabon), Douala (Cameroun) et Pointe- Noire (République du Congo). 

 

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