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lundi 14 octobre 2019

Camair-Co : Une année 2019 en zone de turbulences

L'année dernière aura assurément été une année de croissance chez Camair-Co. En 2019, le transporteur camerounais peine cependant à maintenir le cap. Avec la mise hors service de plus de la moitié de sa flotte, Camair-Co qui a pour unique actionnaire l'Etat du Cameroun, traverse actuellement une crise de trésorerie qui plombe ses ambitions.


Au vu des performances opérationnelles de 2018, on aurait pu penser que la compagnie nationale camerounaise, certifiée IOSA, se dirigeait progressivement vers un rééquilibrage financier. L'année dernière, Camair-Co a connu une hausse de 62% de son chiffre d'affaires qui s'est établi à 40,5 millions d'euros. Son trafic passager a bondi à 343 000 passagers (contre environ 235 000 en 2017), sur son réseau qui compte quatorze destinations, dont sept régionales (Abidjan, Bangui, Cotonou, Dakar, Lagos, Libreville, Ndjamena) et sept domestiques (Bafoussam, Bamenda, Douala, Garoua, Maroua, N' Gaoundéré et Yaoundé). Sur la même période, la compagnie a transporté 200 tonnes de fret et a réduit sa perte d'exploitation par un facteur de deux à trois. Le coefficient de remplissage a atteint 53% et le taux de ponctualité s'est établi à 49,9%.


« Notre bilan est aujourd'hui plutôt encourageant même si la compagnie n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière », affirmait en décembre dernier, Ernest Dikoum, qui a pris les rênes de Camair-Co en 2016 alors que la compagnie était au bord de la faillite avec une dette d'environ 49 millions d'euros.


Mais sur les premiers mois de l'année, les affaires ne se portent pas au mieux chez Camair-Co qui a vu l'immobilisation de plusieurs appareils.


Plus de la moitié de la flotte au sol


Le fleuron camerounais dispose d'un Boeing 767-300ER, deux Boeing 737-700 NG, deux MA60 et un Q400 de Bombardier en service depuis mai 2018. A ce jour, seuls deux appareils sont opérationnels, un MA60 déployé sur réseau domestique et le Q400 qui couvre les dessertes régionales.


L'absence du 767-300, en réparation dans les ateliers d'Ethiopian Airlines, plombe les ambitions de Camair-Co qui a tiré une croix sur les lignes intercontinentales depuis 2015. Les deux 737-700, qui assuraient l'essentiel du trafic régional, ont été mis hors service, respectivement en janvier et février dernier. Leurs moteurs ont atteint les limites programmées d'utilisation et nécessitent une maintenance dont le coût est estimé à 8,4 millions d'euros, selon le plan de sortie de crise publié par Camair-Co.


Ces immobilisations ne sont pas sans conséquence puisque le transporteur a dû mettre au chômage technique une quinzaine de pilotes sur un total de moins de trente pilotes que compte la compagnie. Camair-Co a également réaménagé son programme de vols avec la diminution des fréquences sur certaines lignes régionales et domestiques. Pour limiter les dégâts, le transporteur a ponctuellement affrété un Embraer 145 auprès de la compagnie privée Cronos Airlines, basée en Guinée Equatoriale.


Avec cette réduction de la flotte, le chiffre d'affaire mensuel de la compagnie a drastiquement baissé. La direction de Camair-Co l'estime à seulement 1,1 million d'euros au mois de février, bien en deçà de la moyenne mensuelle de 3,7 millions d'euros enregistrée en 2018. Et la tendance régressive semble se poursuivre pour le restant de l'année.


En l'absence de revenus significatifs, c'est l'ensemble du personnel de Camair-Co qui est aux abois.


Trois mois d'arriérés de salaire


Les délégués du personnel de Camair-Co ont saisi le 9 avril dernier le directeur général, Ernest Dikoum, au sujet du paiement des salaires des mois de février et de mars 2019.


Dans leur correspondance, ils écrivent : « Nous venons de passer deux mois sans salaires, et là nous démarrons un troisième mois sans espoir de sortir de cette mauvaise spirale. » Pour eux, « cette situation a plongé les employés dans un état de précarité multiforme et croissante. Depuis plusieurs mocette situation a plongé les employés dans un état de précarité multiforme et croissante. Depuis plusieurs mois, un salaire sur deux est payé [...]. »


Au 31 décembre 2018, Camair-Co comptait six directions pour 545 employés. La compagnie collabore avec plus de 300 sous-traitants locaux pour près de 3 600 emplois indirects créés, indique-t-elle.


Un plan de sortie de crise


Ernest Dikoum connaît parfaitement la situation que traverse actuellement Camair-Co. « J'ai trouvé une entreprise en grande difficulté mais avec un énorme potentiel. »


Pour lui, le renforcement de la flotte est l'un des axes majeurs du plan de redressement. C'est un processus qui nécessite des moyens financiers importants et qui se poursuivra en fonction des opportunités, affirme-t-il.


Au début de l'année, le directeur de Camair-Co projetait à l'immédiat la mobilisation de 3,8 millions d'euros pour la location de deux Q400 et un 737-800 et une autre enveloppe de 9,3 millions d'euros pour le démarrage du mécanisme d'escompte. Il vise en outre une mobilisation de 73 millions d'euros pour la poursuite du financement de la relance. Ernest Dikoum n'exclut pas, par ailleurs, l'ouverture du capital de l'entreprise au secteur privé.


A cet effet, la direction de Camair-Co a multiplié les rencontres avec les institutions financières et le groupement inter-patronal du Cameroun mais les retombées se font toujours attendre.


C'est dans ce contexte difficile accentué par la forte concurrence régionale que Camair-Co s'apprête à accueillir ses compagnies soeurs du continent, à l'occasion de la 51ème assemblée générale de l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) qui se tiendra du 24 au 26 novembre 2019 à Yaoundé, la capitale camerounaise.

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