Collecte des redevances de survol : déboutée en Centrafrique, l’américaine NavPass se refait une santé au Sud-Soudan

NavPass fait dire que l’Afrique perd des centaines de millions de dollars de revenus potentiels chaque année en raison des redevances de survol non perçues. Ce postulat discutable, qui n’a pas fait mordre le gouvernement centrafricain l’an dernier, semble avoir convaincu les autorités du Sud-Soudan, un pays sans littoral qui dépend fortement du trafic aérien pour le commerce et les affaires. 

Le gouvernement sud-soudanais a signé un contrat avec la société américaine NavPass pour la collecte de ses redevances de survol. L’entreprise, qui travaille dans la modernisation des espaces aériens, entend déployer sa technologie pour identifier en temps réel tous les aéronefs, sans exception, qui traversent l’espace aérien sud-soudanais.

Jusqu’ici, certains survoleraient le ciel du pays enclavé est-africain sans pouvoir être identifiés, faisant ainsi perdre des recettes substantielles à l’Etat.

Dans le cadre de l’accord, NavPass va automatiser le processus de perception des redevances de survol, lesquelles seront versées dans un compte séquestre pour plus de transparence. Les revenus engrangés devraient en principe être réinvesties dans la modernisation des infrastructures aéroportuaires conformément aux recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

« Nous sommes fiers de travailler avec le gouvernement sud-soudanais et de l'aider à s'approprier pleinement son ciel », a commenté le patron de NavPass, Thomas Perkins. « Nous considérons cela comme le début d'un nouveau chapitre prometteur pour NavPass dans toute la région, alors que nous continuons d'aider les gouvernements à garantir que leur espace aérien est non seulement générateur de revenus, mais aussi plus sûr. »

L’autre volet de l’accord concerne la rédaction de la documentation technique y afférente ainsi que la formation et le renforcement des capacités des cadres et agents opérationnels de l’aviation sud-soudanaise. 

« La perception des redevances de survol par le Soudan du Sud sera un grand avantage pour le pays et notre population, aidant à attirer plus de compagnies aériennes  et à accroître le développement notre pays », se réjouit le ministre des Transports du Soudan du Sud, Madut Biar Yel.

Déboutée en République Centrafricaine en 2020

Alors que NavPass s’en sort avec un protocole de contrat au Soudan, son expérience en RCA a plutôt été amère. L’an dernier, en partenariat avec CA Air Safety, une entreprise de droit centrafricain, elle avait initié une démarche similaire pour la collecte des redevances de survol.

Immatriculé aux Bahamas, NavPass, qui dit détenir une base de données de plus de 56 000 avions, n’a finalement pas pu convaincre les responsables centrafricains surtout que le service proposé est celui qu’offre actuellement l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA). Et ce de façon régulière et optimale.

Au terme de plusieurs mois de négociations, son offre a définitivement été rejetée en octobre 2020.  La décision centrafricaine avait été motivée, entre autres,  par l’imprécision dans les services fournis par NavPass conformément aux exigences de l’OACI ; l’absence d’études techniques ; l’absence de preuves des statistiques des survols qui échapperaient au contrôle de l’ASECNA ; la confusion des termes :  impôts, frais, redevances aéronautiques de survol ; et surtout l’imprécision des compléments des services de l’ASECNA qui seront fournis par NavPass.

Assez discret et peu connu du grand public, Thomas Perkins ne décourage pourtant pas lui qui revendique en effet une expérience de plusieurs décennies dans l’industrie aérienne. Son entreprise a déjà initiée des contacts avec une dizaine pays africains (dont celui du Burundi), afin de vendre sa solution qui permettra « d’optimiser et monétiser leur espace aérien ».

Oli Ulrich ( Stagiaire)

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