Aéroport int’l Ouagadougou-Donsin : 220 millions EUR, 2025 pour la livraison et 30 ans de concession pour Meridiam

C’est bouclé avec les formalités administratives.Le nouvel aéroport international du Burkina Faso remplacera celui existant de Ouagadougou-Taamsê, construit autour des années 50 et aujourd'hui totalement enclavé du fait de l’extension spatiale de la population.

La phase active du chantier tant attendu du nouvel aéroport international Ougadougou-Donsin peut enfin démarrer. Meridiam, l’adjudicataire de ce mégaprojet, a annoncé la signature le mercredi 13 octobre, d’un accord de concession de 30 ans avec l'État du Burkina Faso pour la conception, la construction, le financement, l'exploitation et la maintenance de cette nouvelle infrastructure située à 35 kilomètres au nord-est de la capitale.

Selon les termes de l’accord, l'ingénierie-construction devrait démarrer fin 2022 après la clôture financière, pour une durée estimée de 30 mois , soit une livraison prévue en 2025. Sur ce projet,  Meridiam travaille en partenariat avec l'Aéroport Marseille-Provence (AMP) qui apportera son expertise à travers un contrat d'assistance technique et une participation minoritaire dans la société chargée du projet. On parle ici d’un colossal chantier qui représente un investissement total de plus de 220 millions d'euros.

« Les recettes prévisionnelles générées par la convention en faveur du budget de l’Etat sont de 450 millions d’euros, soit environ 294 750 000 000 FCFA au titre des recettes fiscales et de 100 millions d’euros, soit 65 500 000 000 FCFA au titre de la redevance de concession »,  indiquaoit le gouvernement au cours du Conseil des ministres du 30 juillet dernier.

Le nouvel aéroport pourra accueillir 1 million de passagers par an, lors de sa mise en service. « Une fois en exploitation, l'impact économique total du nouvel aéroport est estimé à 420 millions d'euros. Pendant la construction, la création d'emplois directs et indirects devrait s'élever à près de 5 000. Alors que les emplois directement générés par les activités aéroportuaires devraient atteindre environ 1 400 salariés pendant l'exploitation »,  affirme Meridiam.

La réserve des syndicats 

Malgré ces multiples avantages escomptés, le projet de concession suscite toujours la réticence du personnel aéroportuaire. Dans une lettre adressée au Président de la République, datée du 13 octobre, le collectif des syndicats de l'aéronautique civile du Burkina Faso a formulé  « des réserves fondamentales ».

Ledit collectif rappelle qu’une loi sectorielle d’avril 2000 fixe à 20 ans la privatisation des aéroports de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso ; il dénonce par ailleurs l’absence d’un document cadre permettant de clarifier le maintien des droits et avantages et le transfèrement du personnel du concessionnaire ;  aussi proteste-il contre l’absence d’une preuve tangible sur la viabilité des structures régaliennes de l’Etat dans le domaine.

Le collectif des syndiqués s’offusque en outre de l'ambiguïté entretenue dans la gestion de la sûreté, domaine de souveraineté de l’Etat, «qui est soit disant exclu du périmètre de la concession mais dont 80% des redevances sont reversées au concessionnaire».

 Eu égard de ce chapelet de dénonciations, le collectif qui regroupe six syndicats rejette la conventionné signée et remet sur la table le mot de grève, rappelant que ces démarches unilatérales de l’Etat «  compliquent le dialogue franc et sincère entre le gouvernement et les partenaires sociaux ».


Un projet au cœur des enjeux de développement 

Afin de conformer ce chantier aux objectifs de développement durable, il  est prévu :  la construction d’une centrale solaire qui fournira 80% des besoins en électricité de l'aéroport ; 24 km de nouvelles canalisations d'eau potable pour desservir le nouvel aéroport ainsi que les populations locales, l'Université Ouaga 2 et le village de Nomgana/Loumbila ;   un nouvelle boucle électrique de 7 km qui permettra de raccorder le nouvel aéroport au réseau public, mais également de raccorder les infrastructures économiques et sanitaires prévues à proximité du nouvel aéroport. Le projet inclut par ailleurs plus de 130 kilomètres de fibre optique seront installés pour connecter le site au réseau haut débit.

La construction du nouvel aéroport répond aux objectifs du gouvernement, entre autres, d’augmenter les niveaux de sécurité et de sûreté des activités aéronautiques en les déplaçant hors de la ville de Ouagadougou et mettre l’aéroport aux normes OACI, IATA et CEDEAO ; d’assurer une meilleure circulation dans le centre-ville et une meilleure connexion avec la périphérie sud de la capitale; d’améliorer la fluidité du trafic ainsi que la qualité de vie à Ouagadougou en réduisant la pollution atmosphérique et le niveau sonore; ainsi que d’assurer le développement économique et social de la région de Donsin à travers l’impact du projet dans la zone d’influence. 

Le projet, dont l’étude de faisabilité socio-économique a été conduite par les consultants Lufthansa Consulting et Mott Mac Donald, ne porte pas seulement sur l’aéroport. Il comprend la réalisation d’infrastructures connexes et la commercialisation de l’ancien site aéroportuaire. Dans sa phase 1 , la plateforme sera dotée d’une piste de 3500 m et de deux passerelles télescopiques. La phase 2 prévoit l’expansion de l’aérogare à 5 000 m², l’ajout d’une passerelle d’embarquement supplémentaire Renouvellement de l’équipement et l’agrandissement de l’aire de stationnement en fonction de la demande de passagers / fret. La phase 3, qui est une prévision de développement ultérieur, après 2040, couvrira la construction d’une seconde piste. 

Les partenaires financiers au projet comprennent entre autres la Banque mondiale, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), l’Agence française de développement (AFD).

Rappelons que le chantier a officiellement été  lancé en novembre 2017. Selon le dernier rapport de la Maîtrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin (MOAD), les voies d’accès sont totalement achevées, tandis que les voiries à l’intérieur de la plateforme aéroportuaire et la base militaire sont en cours de réalisation. Les travaux de l’aérodrome et des chaussées aéronautiques ont démarré en janvier 2021. Ceux-ci sont exécutés par le groupement d’entreprises Sogea Satom/Kharafi qui a remporté, l’an dernier, le marché d’exécution du lot 2A pour un montant de 79,655 milliards FCFA.Quant aux bâtiments en zone technique, ils sont en construction depuis mars 2021.

Maissa Fall

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