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jeudi 29 octobre 2020

Extension de l’aéroport de Tunis : l’Ordre des architectes tunisiens dénonce la formule « clés en main »

La formule « clés en main » retenue par le ministère du Transport et de la Logistique dans le cadre du projet d’extension du terminal 1 de l’aéroport international de Tunis Carthage ne plaît pas à l’Ordre des architectes de Tunisie (OAT). Et malgré la rencontre lundi 21 septembre, entre son président, Sahby Gorgi, et le ministre de tutelle, Moez Chakchouk, les choses ne semblent pas avoir évolué. Juste après cette rencontre, l’OAT a publié un communiqué dans lequel il dénonce cette démarche.

Selon l’Ordre, elle « enfreint les textes régissant la profession d’architectes, marginalise le rôle de l’architecte, menace l’intérêt de la profession et de l’Etat, et soumet l’architecte à l’autorité du capital ». Pour cela, le conseil de l’Ordre interdit à tous les architectes tunisiens de participer à ce marché jusqu’à ce que le département ministériel renonce à la formule « clés en main ». « Tout architecte qui désobéit à cette interdiction fera l’objet de sanctions disciplinaires », menace-t-il.

En règle générale, dans le cadre des projets « clés en main », le donneur d’ouvrage ne transige qu’avec un fournisseur unique pour la conception et l’exécution du projet. Ces projets prennent généralement la forme d’un forfait. De cette manière, les risques liés à la construction des locaux sont à la charge du constructeur et le donneur d’ouvrage est moins susceptible de se voir réclamer des coûts excédentaires. Pour Kamal Sahnoun, le doyen des ingénieurs tunisiens, cette démarche est taillée sur mesure pour « les grandes sociétés internationales, notamment turques et chinoises, qui peuvent se charger de ce projet, en laissant les miettes aux Tunisiens. »

Le revers de la médaille dans ce cas est que le  donneur d’ouvrage perd en grande partie le contrôle qu’il exercerait autrement sur le projet et sur son évolution. En cours d’exécution si le fournisseur constate des difficultés qu’il n’avait pas prévues, il sera incité à rogner sur la longévité, la fiabilité ou la facilité d’entretien de l’ouvrage, et ce, dans un contexte où le donneur d’ouvrage n’est pas en position optimale pour surveiller les travaux, c’est-à-dire pour surveiller la qualité de l’exécution, ajuster la conception aux imprévus, autoriser les paiements mérités, surveiller le respect de l’échéancier et étudier les demandes d’ajouts.

L’OAT prévoit de saisir toutes les autorités « pour les notifier de cette dangereuse transgression ». La situation peut tout de même encore évoluée, car le délai de réception des dossiers de candidatures à l’appel d’offre relatif au projet est fixé au lundi 14 décembre 2020 à 10H00.


LePrince Fogue

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