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lundi 21 octobre 2019

Tunisair: Bientôt plan de redressement pour sortir de la turbulence


Tunisair a enregistré une année record en 2018 avec 3.8 millions de passagers transportés et 460 millions d’euros de chiffres d’affaires. Cependant, malgré les vingt-et-deux mois consécutifs de croissance du trafic et l’augmentation de 22% du chiffre d’affaires , la compagnie peine à retrouver son équilibre financier.


C’est qu’en effet,Tunisair, en tant que compagnie publique, est sujette aux choix des politiques sociales et économiques du gouvernement. Le transporteur  exploite des lignes africaines qui ne sont pas rentables et supporte l’essentiel des charges sur le réseau domestique qui demeure déficitaire, explique  Elyès Mnakbi , le directeur général de Tunisair.

 

Le groupe Tunisair compte six filiales…nous devons recevoir une subvention de l’Etat mais il n’a pas été à mesure de nous l’accorder. La compagnie vie au dessus de ses moyens… Nous sommes confrontés à une logique de survie” déplore-t-il.


En 2018, les charges financières de Tunisair ont doublé. Elle connaît aujourd'hui un lourd endettement qui a atteint 350 millions d’euros et dont la  moitié est due à l’Office de l’Aviation Civile et des Aéroports (OACA).


En raison de ces tensions de trésorerie, Tunisair a du revoir le plan d’expansion de son réseau notamment en Afrique. “Nous avons commencé à nous développer en Afrique en prenant la décision d’ouvrir chaque année deux nouvelles lignes sur le continent… Nous devrions ouvrir deux nouvelles lignes en 2019 vers Douala et N'djamena mais en notre situation budgétaire nous a contraint  de surseoir cette décision”.


Afin de redresser la barre, le fleuron de l’aviation tunisienne a initié un plan de redressement qui entrera bientôt dans sa phase active.


Le licenciement de  1200 employés pour alléger les caisses


Le plan de redressement sur lequel nous travaillons vient d'être soumis au Ministère du Transport. Nous sommes dans l’attente de son approbation par le Chef du gouvernement, qui devra trancher sur le montant des aides à accorder à la compagnie pour réaliser le plan de redressement de Tunisair” révèle  Elyès Mnakbi .

D'après le plan, la compagnie prévoit réduire la masse salariale avec le licenciement  d’environs 1200 salariés. Tunisair souhaite en effet retrouver les mêmes proportions d’avant la révolution de 2011. A en croire le directeur général , le sureffectif actuel s’explique en grande partie par le recrutement de  quelques “ 900 employés pour la plupart des bagagistes peu qualifiés qui avaient intégré la compagnie au lendemain de la révolution”.


Au 31 décembre 2018,  La compagnie ( hors filiales) comptait  3781 employés. Une population qui représente un masse salariale de 773 millions d’euros, en hausse de 5,5%.


Une  recapitalisation de 383 millions  d’euros pour la relance


Selon Elyès Mnakbi , Tunisair a  besoin d'une enveloppe d'environ 383 millions d’euros pour espérer mettre en œuvre son plan de redressement.


Cette recapitalisation contribuera en partie au  rajeunissement et au renforcement de la flotte. La compagnie prévoit mettre progressivement en service cinq Airbus A320neo à partir du premier trimestre 2020. Ces acquisitions font “actuellement l’objet de pourparlers avec des sociétés de leasing en vue d’une opération Sale and Lease-Back” révèle-t-il.


Avec une  flotte conséquente et la decongestion de l'aéroport international de Tunis, le transporteur espère renouer avec un niveau de ponctualité raisonnable qui a chuté à 42% l'année dernière et améliorer son coefficient de remplissage qui s’est établi à 74,5% en 2018.


Actuellement, Tunisair opère une flotte vingt-et-huit avions dont quinze A320-200, quatre A319-100, deux A330-200 et sept 737-600.  Ceci inclut sept appareils exploités en mode leasing et dont la location a coûté 171 millions d’euros en 2018.


Elyès Mnakbi  se dit confiant quant aux retombées de ce plan de relance qui permettra de redorer le blason de Tunisair.“Une chose est sûre,  dès que la restructuration sera en marche, les choses finiront par reprendre leur cours normal progressivement et Tunisair finira par retrouver son prestige d’antan”. Il soutient par ailleurs que le gouvernement ne devrait pas rapidement infléchir sur  l’Open Sky avec jusqu'à ce que la compagnie devienne assez compétitive. “Nous avons toujours dit que nous sommes d’accord pour l’Open Sky mais d’abord nous devons mettre à niveau, Tunisair en tant que compagnie nationale”.

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